Une théorie imaginée par des singes

GorilleLe texte qui suit est basé sur un commentaire que j’ai laissé chez Aristide et que j’ai remanié pour le publier ici. Il peut parfaitement être lu de façon indépendante.

Pour expliquer les comportements sexuels de nos contemporains, certains proposent des théories à base de darwinisme et de psychologie évolutionniste.
En gros, ils nous disent que nous sommes des singes et que nos désirs et comportements sexuels sont déterminés par des instincts qui nous poussent à nous reproduire avec le « meilleur » partenaire, c’est à dire celui dont les gènes assureront à notre descendance les meilleures chances de survie. Pendant des millénaires une pression sociale et des institutions (mariage, patriarcat, Eglise) auraient entravé la libre expression de ces instincts, mais à présent que cette pression a disparu et que ces institutions sont par terre, nos instincts auraient repris le dessus.

Voici l’un ou l’autre exemple d’idées développées par les tenants de cette théorie. Selon eux si les hommes sont attirés par les belles femmes, c’est parce que la beauté serait la marque visible de la présence de « bons » gènes, garantie de longévité et de bonne santé, chez une personne. Pour eux, toujours, si les jeunes femmes sont attirés par les bad boys, c’est parce que leur cerveau primitif les verrait comme une bonne affaire copulatoire d’un point de vue de la sélection naturelle. Ainsi, la femelle humaine, libérée des contraintes de la civilisation, se laisse trainer par les cheveux jusque dans la caverne du mâle dominant, parce que son instinct animal le lui ordonne.
C’est en ces termes qu’un certain nombre de personnes comprennent et expliquent les dynamiques sexuelles qui sont à l’œuvre en ce moment. Il y a des gens qui défendent cette vision de la sexualité de façon très sérieuse et puis il y a la masse des gens à qui elle fourni une excuse pour ne pas être chaste. « Tu comprends, j’ai des besoins et puis après tout, on est des animaux, non ? »

Non.

Cette idée selon laquelle le chaos sexuel dans lequel a plongé l’occident serait un retour au paléolithique, ne me convainc pas du tout. L’explication de la sexualité contemporaine par la psychologie évolutionniste me paraît extrêmement faible. Voici pourquoi en quelque mots.

Si l’on s’arme de la théorie que j’ai succinctement présentée dans les premiers paragraphes pour essayer de comprendre l’ordre sexuel de ce début de XXIe siècle, on constate tout d’abord la présence d’une grosse zone d’ombre : l’homosexualité. Elle est incompréhensible dans le cadre du darwinisme et de l’evopsy (autre nom de la psychologie évolutionniste).

C’est loin d’être la seule faiblesse de l’explication évolutionniste. A l’heure de la contraception de masse, de la pilule, de la capote, de l’avortement, je ne sais pas exactement quel est le pourcentage de rapports sexuels qui sont stériles (rendus tels, délibérément, par les participants), mais il doit être de l’ordre de 99,9%. Dans ces conditions, essayer de nous faire croire que les comportements sexuels de nos contemporains ont quelque chose à voir avec la reproduction, c’est nous prendre pour des abrutis. Or c’est bien cela que tente de nous faire avaler les tenants de l’evopsy. Alors comme ça la femelle se laisserait traîner par les cheveux par le mâle alpha jusque dans sa caverne, parce qu’elle est impuissante à résister aux instincts qui lui ordonnent de se faire engrosser par sa semence de qualité supérieure. Pourtant cinq minute plus tard, notre femelle redevient une femme du XXIe siècle, parfaitement maitresse de ses pulsions, lorsqu’elle insiste pour qu’un préservatif soit utilisé, ou lorsqu’elle se demande si elle a bien pris sa pilule du jour, ou si elle a bien une pilule du lendemain dans la table de nuit. Et si par malheur, les gènes supérieurs, qu’elle a tant convoité (au point de se laisser trainer par les cheveux…), venaient à se retrouver dans son utérus sous la forme d’un enfant, elle se dirige tout droit vers un avortoir, afin de s’en débarrasser au plus vite.
Non, je crois qu’il faut s’y faire, les activités « sexuelles » humaines, n’ont, aujourd’hui, aucun rapport avec la reproduction. Et tout est fait pour qu’elles n’en aient aucun (on va jusqu’à tuer pour cela… deux cent mille fois par an).

Expliquer les comportements sexuels modernes par la psychologie évolutionniste, c’est ne tenir aucun compte des faits. A l’heure où, soit disant, nous redevenons des primates du paléolithique, mû exclusivement par les lois de la sélection naturelles qui nous commandent de copuler un maximum, nous constatons que la « sexualité » des gens implique de plus en plus des pratiques buccales et anales. C’est quand même bizarre, plus nous sommes libres de nous comporter comme les grands singes que nous sommes sensés êtres, en répandant nos gènes dès qu’une occasion se présente, plus nous semblons portés sur des pratiques par nature stériles. Est-ce un problème de vue qui nous conduit à mettre nos pénis partout sauf là où il pourrait en résulter la conception d’un enfant, où est-ce un déficit de savoir anatomique qui nous fait prendre un anus pour un vagin ?

Décidemment, interpréter la sexualité humaine à partir de la théorie de l’évolution n’est pas sérieux. Il me semble que ce type d’interprétation est avant tout une tentative pour faire entrer la sexualité dans un cadre évolutionniste (dogme indépassable pour pas mal de gens), plutôt qu’un effort pour comprendre les mécanismes réels des désirs et comportements sexuels humains.

Pour ma part, je propose une explication diamétralement opposée des dynamiques sexuelles contemporaines. Je pense que loin d’être une résurgence de schémas sexuels primitifs, ce que nous observons en ce moment dans le domaine de la « sexualité », est spécifique à notre époque. Plus précisément, c’est l’aboutissement d’un long processus historique caractérisé par le rejet progressif de Dieu, la montée en puissance d’une prétention à la divinité personnelle et la déviation de notre quête de transcendance vers les hommes, conçus comme des dieux. Autrement dit, selon moi, le chaos sexuel qui se déroule sous nos yeux ne prend pas sa source dans le biologique, mais bien dans le métaphysique. La théorie que je défends a l’avantage d’expliquer aisément l’homosexualité, l’obstruction quasi systématique qui est faite à la fécondité des rapports sexuels, et la place de plus en plus centrale que semble jouer l’orifice d’évacuation des déchets de la digestion dans les rapports dits hétérosexuels.

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