JCDecaux plus fort que Goebbels

Propagande_Commerciale_Petite

Il y a aujourd’hui, dans nos rues, plus d’affiches à la gloire de la consommation, qu’il n’y en a jamais eu pour vanter les mérites d’un régime totalitaire.
Comment se fait-il que les gens ne réagissent pas ? Si l’on remplaçait ne serait-ce qu’un quart des affiches publicitaires par des portraits grand format de Marine Le Pen, la population serait prise de panique, mais là elle ne bronche pas.
Pour expliquer ce phénomène et pour justifier que soi-même on ne voit rien à redire à l’omniprésence des panneaux publicitaires, on mettra en avant le fait qu’ils sont diversifiés. Certes ils vantent les mérites de certains produits et de certaines firmes, mais pas toujours des mêmes, dira-t-on. A l’inverse, la propagande totalitaire est toute entière consacrée à un unique « guide suprême », ou à un seul parti. Elle ne laisse donc pas le choix et c’est en cela qu’elle serait odieuse.
Mais justement, toute la perversion de la propagande commerciale réside dans le fait qu’elle laisse penser que l’offre est diverse, alors que c’est toujours la même chose qui est vendue. Les gens se font avoir car ils sont esclaves de leur propre désir et donc de la machine commerciale. Ils sont pris au piège de la société de consommation, par rapport à laquelle ils sont incapables de prendre du recul. Par conséquent, ils ne peuvent pas la voir telle qu’elle est et ne réalisent pas qu’il n’y a aucune différence entre une campagne publicitaire et une autre. Pour comprendre cet aveuglement du consommateur, comparons le à un gamer qui consacre sa journée du samedi aux jeux vidéo. Il joue un total de dix heures, au cours desquelles il change régulièrement de jeu. De son point de vue, le programme de sa journée est varié. Tantôt il combat des zombies ou sauve une princesse, tantôt il pilote un vaisseau spatial ou construit un château fort. Mais du point de vue de l’observateur extérieur, pour qui il existe un monde en dehors des jeux vidéo, ce gamer passe dix heures assis sur une chaise à appuyer sur des boutons et à manipuler des joysticks. Ce qui apparaît divers à l’amateur de jeux vidéo qui a le nez collé sur son écran, semble monotone et répétitif à celui qui observe la scène d’un peu plus loin. C’est ce même manque de recul qui conduit le consommateur à croire qu’il y a une différence entre Toyota et Volkswagen, ou entre Lacoste et Ralph Lauren, et donc à percevoir les campagnes publicitaires comme diversifiées. Mais si l’on est un petit peu désengagé de la société de consommation, on réalise que les affiches de nos rues sont toutes identiques. Elles nous enjoignent systématiquement à acheter de la camelote inutile. Vu sous un autre angle, elles nous séduisent toutes en nous faisant miroiter le même mirage : l’accès à la « supériorité métaphysique ».

Voyez plutôt. Ici, on ne nous vend pas une voiture, mais la « supériorité métaphysique ». , on ne nous vend pas des vêtements, mais la « supériorité métaphysique ». Et enfin ici, on ne nous vend pas un parfum, mais, vous l’avez compris, la « supériorité métaphysique ».

PS : Si vous souhaitez comprendre les mécanismes du désir et notamment sa nature métaphysique, je vous recommande vivement de lire Mensonge romantique et vérité romanesque de René Girard.

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